Partie 1 de la série « Protection et pannes des circuits de commande, avec des schémas de circuit interactifs »
Voici l’une des pannes classiques des circuits de commande : on coupe un relais ou une électrovanne depuis une sortie à transistor d’un automate (PLC), et à cet instant précis la sortie rend l’âme. Le coupable est la force contre-électromotrice (la surtension) que la bobine de la charge génère au moment de la coupure, et le remède classique est une diode de roue libre câblée en parallèle de la bobine. ── Bon, jusque-là, c’est écrit dans tous les manuels. Mais pourquoi la diode doit-elle être orientée dans ce sens, qu’est-ce qu’on sacrifie en l’ajoutant, et que se passe-t-il si on la monte à l’envers ── cela, un schéma statique et quelques flèches ne le font presque jamais comprendre.
Dans cet article, nous observons directement ces quelques millisecondes à l’aide de schémas de circuit interactifs et de courbes de tension et de courant en temps réel. Sans protection, diode de roue libre, diode + Zener, TVS, réseau RC (snubber), et la dangereuse diode inversée : tout sur le même circuit, avec les mêmes commandes, si bien que les différences entre méthodes sautent aux yeux. Toutes les figures sont interactives : commutez la sortie avec le bouton et constatez de vos propres yeux le pic qui apparaît sur la courbe à l’instant de la coupure.
Si vous préférez manipuler les figures avant de lire, sautez à « La diode de roue libre ── un chemin de retour qui tue la surtension ». Vous pouvez y activer et désactiver la protection d’un seul bouton : c’est le clou de cet article.
Ce que couvre cet article
Les questions courantes et les sections qui y répondent.
| Question | Section |
|---|---|
| Qu’est-ce que la force contre-électromotrice, et pourquoi couper une bobine produit-il une haute tension ? | §1 |
| Que se passe-t-il concrètement si l’on coupe sans protection ? | §2 (figure interactive) |
| Pourquoi la diode de roue libre fonctionne-t-elle, et que signifie son orientation ? | §3 (figure interactive) |
| Est-il vrai qu’une diode ralentit la retombée des relais ? | §4 (figure interactive) |
| Que se passe-t-il si la diode est montée à l’envers ? | §5 (figure interactive) |
| En quoi les alternatives (TVS, réseau RC) diffèrent-elles ? | §6 · §7 (figures interactives) |
| Au final, quelle méthode choisir ? | §8 (tableau comparatif) / FAQ |
1. Le courant d’une bobine ne peut pas s’arrêter net ── la vraie nature de la f.c.é.m.
Bobines de relais, électrovannes, bobines de contacteurs… la plupart des « choses qui bougent » dans une armoire de commande sont des électroaimants, autrement dit des bobines. Et une bobine possède une propriété que n’ont ni les résistances ni les lampes : elle déteste qu’on modifie brutalement son courant (l’auto-induction).
Tant que le courant circule, la bobine stocke de l’énergie dans son champ magnétique. Ouvrez l’interrupteur : le circuit exige « courant à zéro, tout de suite », mais l’énergie stockée ne peut pas disparaître instantanément. Alors la bobine génère elle-même une tension, dans le sens qui maintient le courant. C’est la force contre-électromotrice (f.c.é.m.). Son amplitude est proportionnelle à la brutalité de la coupure, et c’est pourquoi un circuit en 24 V peut produire sans effort des pointes de plusieurs centaines de volts. C’est exactement l’histoire du coup de bélier : fermez un robinet d’un coup sec et la canalisation claque, parce que l’élan de l’eau doit bien se transformer en pic de pression quelque part. Ici, l’élan du courant se transforme en pic de tension.
Et où cette tension atterrit-elle ? Sur celui qui a osé interrompre le courant : l’élément de commutation. Avec une sortie à transistor d’automate, c’est le transistor de sortie ; avec un contact de relais, c’est l’arc du contact qui s’ouvre. Dégâts concrets : semi-conducteurs détruits, contacts rongés par l’arc, et du bruit rayonné dans tout ce qui se trouve à proximité. « La sortie est morte à l’instant où l’électrovanne a été coupée » ── voilà ce qui s’est réellement passé.
Toutes les figures ci-dessous partagent le même squelette. À gauche de la frontière verticale, le côté externe (la bobine et sa protection) ; à droite, le côté automate : une sortie à transistor en logique sink (NPN). Le chemin : alimentation 24 V → résistance série de 1 kΩ → bobine → lampe témoin → transistor de sortie → 0 V. Le bouton « Logique Y0 » du panneau joue le rôle de l’ordre de sortie du programme. La seule chose qui change d’une figure à l’autre, c’est le composant de protection placé en parallèle de la bobine.
Ces figures embarquent deux équipements absents de nos articles précédents. D’abord, les courbes en temps réel au-dessus de chaque figure : elles tracent 【V1】 (la tension au collecteur C1 du transistor de sortie) et 【I1】 (le courant de la bobine), sur une fenêtre glissante d’environ 0,05 seconde de temps simulé. Une surtension est l’affaire d’un instant : le « pic » qui reste dessiné sur ces courbes est votre principal outil d’observation. Ensuite, le bouton « Réinitialiser le circuit » en haut à droite de chaque panneau, qui recharge la figure dans son état initial quand vous voulez repartir de zéro.
V1 Tension au collecteur (C1) du transistor de sortie ── guettez le pic de surtension I1 Courant de la bobine ── observez la vitesse de décroissance (= la vitesse de retombée)
La résistance série de 1 kΩ est une valeur pédagogique, choisie pour imiter le courant de bobine d’un petit relais 24 V (environ 20 mA). Par ailleurs, la simulation ne tourne que lorsque la figure est à l’écran : si une courbe semble figée, faites défiler la page jusqu’à la figure.
2. Couper sans protection ── la panne de référence (Fig. 1)
La première figure ne comporte volontairement aucune protection. Tous les schémas de protection qui suivent se lisent par contraste avec la panne observée ici. Passez « Logique Y0 » sur ON, vérifiez que le courant circule dans la bobine, patientez un instant, puis coupez ── et observez la courbe 【V1】 et la valeur de C1 juste après la coupure.
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C1 = —V1 C1 [V]
I1 Bobine [A]
Réalisé avec : CircuitJS1 (Paul Falstad / Iain Sharp et al., GPL) · falstad.com/circuit
À l’instant de la coupure, la bobine tente de maintenir son courant, mais le transistor ne conduit plus et il n’existe aucun chemin de retour. La bobine tire alors violemment le nœud côté interrupteur vers le haut, et une aiguille de tension bien au-dessus de l’alimentation apparaît sur C1. Le panneau affiche brièvement « surtension ! » et un pic acéré reste inscrit sur la courbe 【V1】. Pendant ce temps, 【I1】 montre le courant de la bobine qui, faute d’issue, oscille et s’effondre.
Faites cela sur du matériel réel, et le transistor meurt dès que le pic dépasse sa tension maximale. Même s’il survit une fois, les dégâts s’accumulent à chaque manœuvre jusqu’à ce qu’une sortie tombe en panne sans prévenir, des mois plus tard ── ou bien le pic se propage dans le câblage sous forme de bruit et perturbe capteurs et communications voisins. Tout cela s’observe dans de vraies usines.
« C’est un circuit 24 V, donc un composant tenu à 30 V a de la marge » ── ce raisonnement ne survit pas aux charges inductives. La surtension sans protection est fixée par la bobine et par la rapidité de la coupure, pas par la tension d’alimentation : des pointes de plusieurs fois l’alimentation sont parfaitement ordinaires. Le bon remède n’est pas d’augmenter la tenue en tension, mais d’offrir une échappatoire au courant, comme dans la section suivante.
Remarque : dans la simulation, la tension après coupure oscille puis se calme. C’est parce que la figure inclut un petit composant équivalant à la capacité et aux fuites du câblage réel, ajouté pour que l’oscillation ne dure pas éternellement.
3. La diode de roue libre ── un chemin de retour qui tue la surtension (Fig. 2)
Le remède classique tient en une seule diode en parallèle de la bobine : la diode de roue libre (en anglais flyback diode ou freewheeling diode). L’orientation est capitale : elle se monte dans le sens qui bloque le courant tant que la bobine est alimentée (polarisation inverse). Retenez : « la cathode ── la bague marquée ── vers le + de l’alimentation ». En fonctionnement normal, c’est comme si elle n’existait pas ; elle ne travaille qu’à l’instant de la coupure.
Dans la figure ci-dessous, vous pouvez insérer et retirer cette diode d’un bouton. Laissez d’abord « Diode de roue libre : non », faites un cycle ON → OFF et constatez la surtension. Puis passez sur « oui » et répétez exactement les mêmes gestes. Même circuit, mêmes commandes ── seul le pic de 【V1】 disparaît.
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C1 = —Protection
Protection = aucuneV1 C1 [V]
I1 Bobine [A]
Réalisé avec : CircuitJS1 (Paul Falstad / Iain Sharp et al., GPL) · falstad.com/circuit
Voici le mécanisme. À la coupure, la bobine génère une tension dans le sens qui maintient son courant ── et pour la diode en parallèle, cette tension est précisément directe. Au lieu de se retrouver sans issue, le courant de la bobine circule désormais par la diode et tourne en boucle dans la bobine elle-même (le chemin de roue libre). Comme un volant d’inertie qui continue de tourner sur sa lancée, le courant continue de circuler pendant que l’énergie stockée se dissipe tranquillement en chaleur dans la résistance de la bobine et dans la diode. Vu de C1, la tension ne dépasse jamais l’alimentation plus une chute de diode (environ 0,7 V). Une aiguille de plusieurs centaines de volts devient une bosse de 0,7 V.
| Sans protection (non) | Avec diode (oui) | |
|---|---|---|
| C1 juste après OFF 【V1】 | Grimpe à plusieurs fois l’alimentation | Tenu près d’alimentation + 0,7 V |
| Où va le courant de la bobine | Nulle part → surtension et oscillation | Roue libre à travers la diode |
| Comment le courant s’éteint 【I1】 | Oscille et s’effondre vite | En douceur, mais traîne plus longtemps |
La dernière ligne du tableau révèle le seul effet secondaire ── mais il compte ── de cette méthode. Le chemin de roue libre dissipe l’énergie si doucement que le courant met plus de temps à atteindre zéro. Comparez les courbes 【I1】 : sans protection, le courant s’évanouit presque instantanément ; avec la diode, il s’étire en une longue traîne. Ce que cette traîne signifie en pratique, c’est le sujet de la section suivante.
4. L’effet secondaire de la retombée lente, et la diode + Zener (Fig. 3)
Un relais ou une électrovanne retombe ── le contact s’ouvre, la vanne se ferme ── quand le courant de sa bobine passe sous un certain seuil. Autrement dit, décroissance lente du courant = retombée lente, tout simplement. Avec une diode de roue libre seule, la tension aux bornes de la boucle de roue libre n’est que d’environ 0,7 V : le courant décroît lentement, et le temps de retombée d’un relais peut être multiplié par plusieurs par rapport à la valeur sans protection. Les fabricants l’écrivent noir sur blanc dans leurs notes techniques ── « les dispositifs d’absorption de surtension allongent le temps de retombée » ── c’est un compromis bien connu. Pour les applications à cadence élevée, ou partout où l’instant exact d’ouverture d’un contact compte pour la logique de commande, cela ne peut pas être ignoré.
Le remède n’est pas de retirer la protection, mais de relever volontairement la tension à laquelle la surtension est écrêtée (la tension de clamp). Dans la figure ci-dessous, le chemin de roue libre contient une diode et une diode Zener (33 V) en série. À la coupure, C1 plafonne autour de « alimentation + 0,7 V + 33 V » ── toujours confortablement sous la limite du transistor, mais comme l’énergie est brûlée à une tension bien plus haute qu’avec la diode seule, le courant revient visiblement plus vite à zéro.
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C1 = —V1 C1 [V]
I1 Bobine [A]
Réalisé avec : CircuitJS1 (Paul Falstad / Iain Sharp et al., GPL) · falstad.com/circuit
Mêmes commandes qu’avant : ON → attendre → OFF. Comparez avec la « diode : oui » de la Fig. 2 : le plateau de 【V1】 se situe plus haut et, en échange, la traîne de 【I1】 est plus courte. « Quelle surtension je tolère » contre « à quelle vitesse la charge doit retomber » est un troc direct, et la tension du Zener se choisit entre la tenue en tension du composant d’un côté et l’exigence de temps de retombée de l’autre. Voilà la logique de conception de cette méthode.
Beaucoup d’électrovannes et d’embases de relais du commerce intègrent d’usine une diode de protection (ou un équivalent diode + Zener). Avec elles, pas besoin de diode externe ── mais attention : la bobine devient polarisée. Câblez + et − à l’envers, et vous obtenez exactement l’accident de la diode inversée de la section suivante.
5. Montée à l’envers, ce n’est plus une protection ── c’est un court-circuit (Fig. 4)
Cette figure est volontairement mal câblée. Sur du matériel réel, cela détruit des composants ; même dans le simulateur, ne touchez « Logique Y0 » qu’un bref instant et recoupez aussitôt.
Le mode de défaillance qui fait peur avec la diode de roue libre, ce n’est pas de l’oublier ── c’est de la monter à l’envers. Une diode inversée se retrouve polarisée en direct précisément pendant que la sortie est ON. Le composant censé protéger la bobine devient, dès la mise sous tension, un pont qui court-circuite la bobine, et un courant énorme s’engouffre dans le chemin : alimentation → résistance série → diode.
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C1 = —V1 C1 [V]
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Dès la mise en marche, les points de courant filent par la diode au lieu de la bobine, et la bobine ne travaille presque pas (un relais, tout simplement, ne s’enclencherait pas). Le circuit pédagogique comporte une résistance série qui limite les dégâts, mais le câblage réel n’en a pas : résultat, une diode grillée, une alimentation en protection, ou une sortie détruite. Si le symptôme est « on a ajouté la protection, maintenant le relais ne fonctionne plus ── et le composant chauffe », soupçonnez d’abord la diode inversée.
Vérifier l’orientation est simple. La bague de la diode (cathode) va vers le + de l’alimentation. Avec les électrovannes ou relais à diode intégrée, confrontez les marquages +/− des bornes de la bobine à la polarité de l’alimentation. Ces deux vérifications suffisent à écarter cet accident.
6. La diode TVS ── écrêter à une tension choisie (Fig. 5)
Un composant du commerce bâti sur la même idée que la diode + Zener : la diode TVS (suppresseur de tensions transitoires, Transient Voltage Suppressor). En temps normal elle se comporte en isolant, et ce n’est que lorsque la tension à ses bornes dépasse sa valeur de conception qu’elle entre en conduction, plafonnant la tension autour de ce niveau. Conçue spécifiquement pour absorber les surtensions, elle répond vite et encaisse de forts courants momentanés. Dans la figure ci-dessous, une TVS unidirectionnelle est approchée par une diode Zener (33 V) placée en parallèle de la bobine.
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C1 = —V1 C1 [V]
I1 Bobine [A]
Réalisé avec : CircuitJS1 (Paul Falstad / Iain Sharp et al., GPL) · falstad.com/circuit
Faites le cycle habituel ON → OFF et vérifiez deux choses : le pic de 【V1】 plafonne près de 33 V et, la tension d’écrêtage étant haute, la traîne de 【I1】 est plus courte qu’à la Fig. 2 ── retombée plus rapide. Pour que la TVS reste inerte en fonctionnement normal, sa tension de veille (standoff) doit être supérieure à l’alimentation, et la question clé du choix est de savoir à quel point vous pouvez la fixer juste au-dessus de l’alimentation. Les composants réels existent en versions unidirectionnelle et bidirectionnelle, avec leurs propres calculs de puissance ── cela relève d’une suite de cette série.
7. Le réseau RC (snubber) ── la porte d’entrée quand la diode ne convient pas (Fig. 6)
Toutes les protections vues jusqu’ici utilisent des composants polarisés. Ce qui signifie : aucune n’est utilisable telle quelle sur une bobine alternative (CA), où le courant s’inverse à chaque demi-période ── la diode serait passante sur l’une des demi-périodes et répéterait le court-circuit de la Fig. 4. Pour les bobines CA, et pour protéger les contacts de relais eux-mêmes, le choix habituel est une résistance et un condensateur en série : le réseau RC (snubber), vendu aussi comme « antiparasite » ou circuit d’extinction d’étincelles.
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C1 = —V1 C1 [V]
I1 Bobine [A]
Réalisé avec : CircuitJS1 (Paul Falstad / Iain Sharp et al., GPL) · falstad.com/circuit
À la coupure, le courant de la bobine, sur le point de se retrouver sans issue, s’engouffre d’abord dans le condensateur. Le condensateur est précisément le composant qui encaisse les variations brutales de tension : le pic de C1 s’émousse, tandis que la résistance série dompte l’appel de courant et l’oscillation. Comparé à la Fig. 1, le pic de 【V1】 est plus doux, ses bords plus arrondis. Ce n’est pas l’écrêtage quasi parfait d’une diode ── mais sans polarité, il fonctionne en CA comme en CC, et c’est tout son intérêt. Les valeurs de la figure (0,1 µF + 100 Ω) sont pédagogiques ; en conception réelle on les choisit selon la charge et la tension (les antiparasites du commerce sont vendus avec le couple déjà sélectionné).
8. Choisir sa méthode ── d’abord « CC ou CA ? », puis « quelle vitesse de retombée ? »
Voici tout ce que montrent les six figures, sur une seule page. Il n’existe pas de composant de protection parfait : on choisit en répondant à trois questions ── à quel point faut-il mater la surtension, à quelle vitesse la charge doit-elle retomber, et la bobine est-elle en CC ou en CA. C’est la conclusion de cette première partie.
| Méthode | Suppression de la surtension | Vitesse de retombée | Usage typique | En une ligne |
|---|---|---|---|---|
| Aucune (Fig. 1) | ✗ | ― | ― | Détruit composants et contacts. Pas une option |
| Diode (Fig. 2) | La plus forte | Tend à être lente | Bobines CC | Le choix par défaut. Gare à l’orientation |
| Diode + Zener (Fig. 3) | ✓ Forte | Relativement rapide | Bobines CC | Quand le temps de retombée compte |
| TVS (Fig. 5) | ✓ Selon conception | Relativement rapide | Circuits CC | Écrêteur prêt à l’emploi, réponse rapide |
| Réseau RC (Fig. 6) | △ Selon conception | Relativement rapide | CA/CC, contacts | Sans polarité ── fonctionne en CA |
L’emplacement obéit lui aussi à une règle fixe : montez la protection au plus près des bornes de la bobine. La bobine est la source de la surtension, et plus on la supprime près de la source, plus court est le tronçon de câblage qui voit la haute tension. Certaines unités de sortie d’automate intègrent des circuits d’absorption ── considérez-les comme l’ultime ligne de défense, pas comme un substitut à la protection côté charge.
Dans les suites de cette série, nous traiterons les sujets que cet article n’a fait qu’effleurer : où va le courant quand on arrête un moteur CC (la régénération), une figure dédiée au pourquoi une simple diode est proscrite sur une bobine CA, et les réseaux RC et varistances côté contacts ── le tout dans le même format de circuits interactifs.
Résumé ── une surtension n’a rien d’effrayant dès que le courant a une issue
- Le courant d’une bobine ne peut pas s’arrêter net. Forcez-le, et la bobine génère une haute tension dans le sens qui maintient le courant ── et cette tension atterrit sur l’élément de commutation (§1, §2).
- La diode de roue libre crée une échappatoire (chemin de roue libre) qui n’existe qu’à l’instant de la coupure. Orientation : la bague (cathode) vers le + de l’alimentation (§3).
- Le compromis : la diode ralentit la décroissance du courant et retarde la retombée des relais et des vannes. Là où le temps de retombée compte, relevez la tension d’écrêtage avec diode + Zener ou une TVS (§4, §6).
- Montée à l’envers, la diode devient un court-circuit pendant l’alimentation. « On a ajouté la protection et ça ne fonctionne plus ── et le composant chauffe » : c’est le signe classique (§5).
- Les protections polarisées sont proscrites sur les bobines CA. Le réseau RC est la porte d’entrée valable en CA comme en CC (§7).
- Protégez au ras des bornes de la bobine ; la protection intégrée côté automate est l’ultime ligne de défense (§8).
Les fondations de cet article ── les sorties à transistor (sink) d’un automate et le câblage des charges à bobine ── sont posées dans « Comprendre PNP et NPN en conception électrique avec des schémas de circuit interactifs » et « Relais, transistor ou triac ? Comprendre les types de sortie d’un automate (PLC) avec des schémas de circuit interactifs », avec le même type de figures interactives.
FAQ
Q1. La force contre-électromotrice, en une phrase ?
R. C’est la tension qu’une bobine génère elle-même pour maintenir son courant. Plus la coupure est brutale, plus elle est élevée ── plusieurs centaines de volts même dans un circuit 24 V. On parle aussi de surtension de coupure ou de kickback inductif.
Q2. Où placer exactement la diode de roue libre ?
R. En parallèle de la bobine (relais, électrovanne…), au plus près de ses bornes. La bobine est la source de la surtension : la supprimer à la source garde la haute tension hors du câblage. Le montage côté charge vaut mieux que le montage au bornier de l’automate.
Q3. Comment retenir l’orientation de la diode ?
R. « La bague (cathode) vers le + de l’alimentation. » Bien montée, elle ne conduit pas tant que la bobine est alimentée (polarisation inverse) et ne fait circuler le courant qu’à la coupure. Après montage, alimentez la bobine et vérifiez que la diode reste froide : c’est la confirmation.
Q4. Est-il vrai qu’une diode ralentit la retombée des relais ?
R. Oui. La tension de roue libre n’est que d’environ 0,7 V : le courant décroît lentement et le temps de retombée peut être multiplié par plusieurs par rapport à la valeur sans protection. Si la vitesse compte, relevez la tension d’écrêtage avec diode + Zener ou une TVS (§4, §6).
Q5. Comment choisir la diode elle-même ?
R. Règle rapide : tension inverse d’au moins deux fois l’alimentation, courant direct d’au moins le courant de la bobine. Pour une bobine de relais 24 V, une diode de redressement ordinaire (classe 1 A, quelques centaines de volts) couvre la plupart des cas. Validez le choix final avec les fiches techniques de la charge et de la diode.
Q6. Puis-je mettre une diode sur une bobine CA (électrovanne ou contacteur CA) ?
R. Non. En CA, le courant s’inverse à chaque demi-période : une diode polarisée court-circuite à coup sûr l’une des demi-périodes ── la même situation que la diode inversée du §5. Sur les bobines CA, utilisez des protections sans polarité : réseaux RC ou varistances. Une figure dédiée au pourquoi est prévue dans une suite.
Q7. Mon unité de sortie d’automate a une protection intégrée. En faut-il une externe ?
R. Considérez le circuit intégré comme l’ultime ligne de défense. Il réduit le risque de tuer la sortie sur le coup, mais ne fait rien contre les surtensions qui voyagent dans le câblage, le bruit rayonné ou l’usure des contacts ailleurs. Avec des charges inductives, la protection côté charge reste la base.
Q8. Et si je commute la bobine avec un contact de relais plutôt qu’un transistor ?
R. Même raisonnement : protégez la bobine commutée ── famille de la diode en CC, réseau RC ou varistance en CA. Sans protection, l’arc au contact qui s’ouvre le ronge et divise la durée de vie du relais par des ordres de grandeur. Il existe aussi l’option d’un réseau RC directement en parallèle du contact, qu’une suite traitera.
Q9. Un point de vigilance avec les électrovannes et relais à diode intégrée ?
R. La bobine devient polarisée. L’orientation de la diode interne suppose un câblage +/− correct : un câblage inversé transforme la diode interne en chemin de court-circuit dès la mise sous tension (§5). Ne sautez jamais la confrontation des marquages de bornes avec la polarité de l’alimentation.
Q10. En quoi la simulation diffère-t-elle du matériel réel ?
R. Les figures sont réduites au squelette du principe. La bobine est une valeur pédagogique (50 mH avec 1 kΩ en série), et l’inductance du câblage, les capacités parasites, les effets thermiques et l’arc des contacts sont omis (les figures sans protection incluent juste l’équivalent de capacité/fuites de câblage nécessaire pour que l’oscillation ne dure pas éternellement). Utilisez les figures pour comprendre le principe, et les fiches techniques des fabricants pour les chiffres de conception réels.

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